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Marche nordique et natation: différences, similitudes et indice d'efficacité


Marche nordique et natation, voilà deux activités qui n'ont a priori rien à voir, et pourtant…

L'abandon momentané de mes bâtons au profit de longueurs de piscine m'a inspiré quelques constats et réflexions utiles pour progresser. Finalement, pas mal de similitudes et quelques différences bien sûr. Une petite idée aussi à explorer en marche nordique grâce à l'apport de la natation.


Une petite blessure (non due à la marche) et la nécessité de lui laisser le temps de se remettre me tiennent un moment à l'écart de mes chemins de marche nordique. J'en ai profité pour me remettre à la natation : c'était le covid qui me tenait éloigné depuis longtemps de… la piscine. Le projet de participer à un stage "swimwalk" (marche nordique et natation en eau libre) me motive pour me remettre à la pratique régulière des deux activités.

Des différences évidentes, d'autres moins

On est au sec en marchant, souvent (sauf sous la pluie sans la tenue adéquate) ; on est mouillé en nageant, toujours.

On apprécie le paysage en marchant ; compter les carreaux de la piscine présente moins d'intérêt et on ne voit pas grand-chose sous l'eau dans la mer ou un lac en général.

Debout en marchant on subit l'effet de l'attraction terrestre ; allongé en nageant on flotte, plus ou moins.

Il peut y avoir du dénivelé en marche nordique, parfois beaucoup ; c'est plat pour nager, en principe, mais il peut y avoir des vagues.

Les bâtons sont l'accessoire obligatoire pour marcher nordique ; rien d'indispensable pour nager mais plein d'autres accessoires sont possibles : palmes, plaquettes, pull boy, planche, sans oublier les lunettes, de préférence. La bouée canard est proscrite pour bien nager.

En groupe, on peut discuter en marchant. Pas vraiment possible en nageant. Je ne parle pas des pipelettes qui font des longueurs côte à côte, appuyées sur leur planche (en général des dames... je dis ça je dis rien, c'est juste un constat).


C'est à peu près tout comme différences fondamentales. Certaines sont plus subtiles :


Le souffle : On respire comme on veut, à son rythme, en marchant ; on n'est jamais en apnée sauf en marche afghane. En natation, avec la tête sous l'eau, on ne fait pas ce qu'on veut. Personnellement je nage en crawl avec une inspiration tous les 3 temps (une fois à droite une fois à gauche). Je suis donc proportionnellement longtemps en apnée, avec un temps d'inspiration très court en sortant la tête sur le côté.

La natation est un sport de glisse. Contrairement au ski de fond, ce n'est pas le cas de la marche nordique qui fait appel à la propulsion.

Des similitudes flagrantes

Ce sont deux sports d'endurance qui permettent aussi de varier les intensités, ce qui est d'ailleurs nécessaire pour progresser.

Ils font tous deux travailler l'essentiel des groupes musculaires sans présenter de gros risque de blessure.

En marchant comme en nageant, on est livré à ses pensées. Ca peut être l'occasion de faire le vide, d'être à l'écoute de ses sensations ou concentré sur le geste, de laisser vagabonder son esprit ou une source d'inspiration. Passer de superbes moments avec soi.

Ce sont deux pratiques pour lesquelles la technique et la qualité du geste sont essentielles Voir Tu t'es vu quand tu marches ?


"Même combat" pour la dimension technique :


Le rôle des bras est déterminant (surtout en crawl en nation). En marche nordique ils contribuent à la propulsion et impulsent la cadence, les jambes suivent. En natation, ce sont les bras qui font avancer, les jambes contribuent surtout à la flottaison.

L'amplitude et la poussée vers l'arrière sont des éléments essentiels : poussée loin derrière sur les bâtons en marche nordique, poussée efficace avec les bras et les mains jusqu'à la cuisse en natation.

Le relâchement est fondamental pour une gestuelle fluide. Une pratique efficace repose sur une alternance de relâchement (pour laisser revenir les bras vers l'avant en MN ; lors du cycle du bras hors de l'eau pour et aller chercher devant) et de tonicité (pour pousser sur sur le bâton en MN ; pour l'appui sur l'eau en natation).

Même optimisation à trouver entre la cadence et l'amplitude dans les deux pratiques. Voir Cadence et amplitude des pas

Une idée à explorer pour mesurer l'efficacité de sa marche nordique

Avertissement :

Ceci concerne surtout les "puristes" intéressés par une mesure objective. On peut aussi parfaitement se satisfaire de marcher "à la sensation" sans calcul ni "prise de tête".


Les nageurs utilisent parfois une notion inconnue des marcheurs (et même des coureurs) : le SWOLF (contraction de swim+golf). C'est un indice qui mesure l'efficience de la nage. De nombreuses montres connectées le calculent automatiquement en mode natation.

Il tient compte du temps pour parcourir une longueur de piscine (de 50 m par exemple) et du nombre de cycles de bras effectués pour le faire. Ainsi, pour une longueur effectuée en 45 secondes avec 40 cycles (coups de bras de chaque côté), le swolf sera de 45+40 = 85. Plus il est bas, meilleure est l'efficacité de la nage évidemment (plus rapide avec moins de mouvements, plus efficaces).


Pourquoi pas l'extrapoler en marche nordique ?

"Invention maison" ® : Le "WAOLF" (walk+golf) :

= temps sur 100m en secondes + nombre de doubles pas.


Par exemple :


En marchant 100 m en 60 secondes (6 km/h) avec 60 doubles pas (120 pas par mn) : "WAOLF" = 60+60=120 (pas de 83 cm).


Les 100 m en 45'' (8 km/h) avec 56 doubles pas (soit 148 pas par minute) :

WAOLF : 45+56 = 101 (pas de 90 cm).


Les 100 m en 55'' (6,5 km/h) et 55 doubles pas "(120 pas par minute)

WAOLF 55+55 = 115, en marchant nettement moins vite que dans le 2ème cas mais mais avec une plus grande amplitude (91 cm) que dans le premier à la même cadence, donc un meilleur WAOLF.


Avec avec une appli qui indique le nombre de pas par minute, les matheux peuvent facilement faire le calcul. Mais je vous vous propose un tableur à télécharger pour éviter le calcul et le mal de tête :

_Calcul du WAOLF
.xlsx
Télécharger XLSX • 34KB

Expérience intéressante :


Tester différentes cadences et amplitudes de pas pour apprécier les différences mesurées avec le WAOLF.

Voilà ce que ça donne pour le test réalisé pour analyser l'impact d'une marche avec des bâtons de longueurs différentes : Bâtons longs ou courts ?


A une allure moyenne (135 pas par mn), mon WAOLF est un un peu meilleur avec des bâtons plus courts.

A une allure plus élevée (155 pas par mn),mon WAOLF est un peu meilleur avec des bâtons plus longs.


Expérience personnelle : désolation et espoir !

Je ne suis ni un coach ni un champion en marche nordique (je le répète régulièrement).

Je le suis encore moins en natation !!! Mais je constate que j'ai fait beaucoup plus de progrès en peu d'années en marche nordique qu'en des décennies de natation. Là, je me désole de stagner malgré toute l'attention portée à la technique de nage. Ça m'énerve de me faire dépasser régulièrement dans les lignes d'eau, même si je ne suis pas pressé, mais surtout de ne pas comprendre pourquoi je ne progresse pas.


J'espère bien que le stage "Swimwalk" trouvé grâce à l'article du site Pratique Marche Nordique (Marche nordique et nage en eau libre), avec Elisabeth Valette et Pascal Auger, me fera prendre conscience de ce qui ne va pas et me permettra de trouver le truc pour nager mieux.

Je ne doute pas qu'il y aura aussi encore des tas de choses à améliorer en marche nordique.

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