3 compétitions, 3 vécus, UNE prise de conscience
- Nordic Pat

- il y a 5 jours
- 6 min de lecture

J'apprécie de participer occasionnellement à une compétition même si ce n'est pas ma motivation première en marche nordique.
Les rencontres, le petit fourmillement au ventre sous une arche de départ, cela fait partie des charmes qui permettent de varier les plaisirs.
Se préparer au mieux en fonction de son objectif donne une motivation supplémentaire à ses sorties. Faire valider sa technique fait aussi partie de l'intérêt de s'aligner sur une épreuve jugée.
Une fois n'est pas coutume, j'ai enchainé 3 épreuves en 2 mois avec des objectifs et un vécu chacun bien différents. J'ai notamment été motivé par l'organisation d'un challenge par la ligue de Normandie d'athlétisme avec une grande première : valoriser les "belles gestuelles" en plus des classements habituels.
La Sweet Home nordique à Cabourg :

Support du championnat de Normandie de marche nordique, sur 4 boucles d'un beau parcours de 10 km un peu vallonné avec une belle vue sur mer.
Objectif :
Bien marcher nordique. Ne pas prendre de pénalité et si possible glaner quelques points pour le challenge de la gestuelle. Et bien sûr, une constante en ce qui me concerne, y prendre du plaisir.
Deux petites déceptions :
Moi qui n'ai jamais subi de pénalité, j'en ai pris une à quelques dizaines de mètres avant l'arrivée, trop bête ! J'ai levé mes bâtons pour passer une allée en bitume en travers du parcours. Rien à dire quant à l'application rigoureuse du règlement mais frustrant alors que je me suis appliqué tout au long des 10 km à maintenir une gestuelle correcte, en amplitude.
Pas de point récolté pour le challenge de la gestuelle : il n'y en avait pas ! En fait, les juges ont simplement négocié entre eux pour déterminer le "meilleur", homme et femme. Négociation difficile apparemment : ils n'ont pas pu être annoncés à l'issue de l'épreuve. Accessoirement, la minute de pénalité m'a couté un podium dans ma catégorie mais, ça, ce n'était pas un objectif. Très satisfait quand même en termes de performance, presque au niveau de ma vitesse cible à 8km/h : 7,8… 7,9 sans la pénalité.
Une grosse désillusion :
Alors que je pense marcher de façon bien synchronisée habituellement, j'ai constaté sur les photos que la pose de mes bâtons est bien en retard par rapport à celle des pieds. Ce n'est pas pénalisable dans le règlement FFA, mais pas en phase avec la marche nordique que j'apprécie. Ni conforme d'ailleurs au règlement international en marche nordique. Comme la plupart des compétiteurs, la recherche de vitesse se traduit par une augmentation de la cadence au détriment de l'amplitude, les bras n'arrivent plus à suivre.
Le trail du Rouvray près de Rouen
Une épreuve nature chronométrée non jugée de 10 km, sur un parcours forestier que j'apprécie : l'un de mes terrains de jeu préférés non loin de chez moi.
Objectifs du jour :
Continuer à bien marcher nordique malgré l'absence de juge et, toujours, y prendre du plaisir, cette fois avec des ami.e.s du club. Atteindre ma cible de 8 km/h malgré un parcours un peu vallonné, avec quand même un "gros pétard" à gravir.
Deux grosses satisfactions :

Objectif atteint pour la performance : pile dans la cible sans pour autant me "mettre dans le rouge".
Un podium dans ma catégorie bien que ça ne soit toujours pas un réel objectif et que le classement sur des compétitions de MN non jugées n'ait pas trop de sens, on y voit de tout !
Objectif atteint pour la performance : pile dans la cible sans pour autant me "mettre dans le rouge".
Une interrogation :
Je ne suis pas sûr d'avoir marché avec une meilleure synchronisation qu'à Cabourg, je n'ai pas de photo pour le vérifier. Je suis sûr en revanche d'avoir bien poussé sur mes bâtons, notamment dans les belles montées.
La Nordi'Caen.
La deuxième épreuve du challenge de Normandie, avec cette fois un vrai protocole d'attribution de points par les juges sur les 4 boucles du parcours de 12 km.
Objectifs du jour :
L'essentiel, terminer sans bobo : Une petite blessure en haut du mollet droit la semaine précédente (en "m'amusant" avec quelques foulées bondissantes) a failli compromettre ma participation. Malgré une petite gêne persistante, je me suis quand même aligné, en décidant d'aviser selon les sensations, en partant "en dedans" pour tester le mollet. Finalement, l'occasion de me concentrer uniquement sur la gestuelle en abandonnant tout objectif de performance.
Soulagement, surprise et belles satisfactions
Le mollet a tenu bon, m'incitant à lâcher les chevaux au début du 2ème tour. Je suis pour autant resté focus sur la gestuelle : plus question de renouveler l'expérience malheureuse de Cabourg en levant les bâtons malgré, là aussi, une allée en dur à traverser. Pas de pénalité donc.
Belle satisfaction 3ème homme ex-aequo au challenge de la gestuelle.
Une grosse surprise : 8,2 km/h de moyenne, la plus élevée jamais réalisée pour moi, 1er dans les catégories M6 et 7 confondus et 14ème au scratch, sans avoir eu le sentiment de forcer.

Désillusion confirmée
La même qu'à Cabourg : Encore une grosse désynchronisation entre la pose des pieds et des bâtons, bien en retard. Ok, cela n'est pas répréhensible au regard du règlement FFA faute de quoi, comme beaucoup d'autres, j'aurais récolté une collection de cartons. Mais ce n'est pas de cette façon que j'apprécie vraiment de marcher nordique.
Constat sur les techniques de marche nordique
Il est évident que la recherche de vitesse maximale influe sur la gestuelle : Alors que dans l'esprit initial de la marche nordique on recherche une propulsion efficace grâce aux bâtons, les jambes prennent le dessus en "excès de vitesse". Cela se traduit par une pose des bâtons en retard par rapport à celle des pieds et ainsi une propulsion minimale, voire inexistante. On passe là en marche rapide, sans utilité réelle des bâtons. La différence des 2 techniques est parfaitement illustrée dans cette vidéo de Dominique Verrière, partagée ici avec son accord. Selon sa terminologie : marche "en 2 temps" (pose simultanée du bâton et du pied opposé) vs marche "en 4 temps" (pose du pied, puis du bâton, particulièrement reconnaissable avec des bâtons "en l'air" à l'avant). Je vous recommande de la regarder et l'écouter jusqu'au bout si le sujet vous intéresse.
C'est clair, sur les images de ces compétitions, je marche en 4 temps avec, de plus, des bras très tendus vers l'avant, par '"excès de motivation" pour aller de l'avant peut-être ???
Un paradoxe du règlement FFA :
Aucun risque donc de prendre ainsi une pénalité pour "défaut de poussée avant", apprécié en fonction de la position du bras, le coude devant passer devant le torse.

Pas de défaut de poussée donc pour moi, et pourtant il y a "0 poussée" à l'avant (certains parlent de traction) quand les bâtons sont "en l'air". La poussée n'intervient que plus tard, quand le bâton s'est posé, le pas étant alors déjà engagé depuis longtemps avec une poussée... grâce au jambes.
Mes objectifs et expérimentations à venir
Identifier à partir de quelle vitesse je passe de 2 temps à 4 temps. J'ai pu constater lors d'une séance à un tempo de 135 pas par minute (7,3 km/h pour moi), auquel je suis à l'aise, je reste bien cordonné en 2 temps. Au-delà ? Je ne sais pas. Il faudra que je me fasse filmer pour le vérifier, en augmentant progressivement la cadence.
Trouver le moyen de rester le plus longtemps possible coordonné, donc en propulsion en poussant sur les bâtons à terre dès le début des pas jusqu'à la poussée finale derrière
Mes trois axes d'amélioration pour cela :
1er axe :
Ramener les bâtons plus vite vers l'avant, avec éventuellement une légère anticipation à l'arrière comme le montre Roland Zede dans cette animation.
2ème axe :

Dévérouiller les coudes à l'avant. Le fait d'avoir les bras tendus induit, avec le poignet dans l'axe du bras, un bâton très incliné, qui pose donc plus tard et plus loin derrière (voire derrière le pied arrière). Cela se traduit par l'absence de propulsion au début des pas. Un coude déverrouillé, donc un avant bras légèrement plus horizontal, permet en revanche d'avoir un bâton moins incliné, qui va se poser plus naturellement entre les deux pieds, prêt pour une poussée plus longue dès que le talon touche le sol.
Bien penser à avancer l'épaule pour conserver une belle amplitude.
3ème axe :
Ne pas marcher plus vite que la musique ! Une fois tout mis en œuvre, contrôler la limite biomécanique où les bras ne sont plus les "maîtres du jeu". Marcher donc probablement moins vite s'ils ne sont pas capables d'accélérer... en acceptant de perdre quelques places dans un classement sur une compétition (ou aller à l'étranger, là où la synchronisation est obligatoire pour tous).
Marcher vite (à mon niveau) ou marcher en respectant "l'esprit de la marche nordique", mon choix est fait !
Nordic Pat janvier 2026



OUIiiiii mon Patrice,
Tout d'accord avec Toi et sentir le PLAISIR sans se prendre la tête 😀👍🙏👍😀