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Stages paradisiaques autour de lacs alpins

Plein les yeux, plein les jambes, plein le cœur


Les planètes étaient parfaitement alignées en ce début juillet pour me donner l’occasion d’enchaîner deux stages de rêve, sous un soleil radieux avec un calendrier idéal. Du 1er au 3 juillet, un stage «Swimwalk» au lac d’Aiguebelette non loin de Chambéry : enchaînements de séances de natation en eau libre et de marche nordique et de superbes sorties sur les hauteurs du lac. De la technique et du plaisir !

Une journée de transition, juste le temps de prendre la route vers le lac de Serre-Ponçon dans les Hautes Alpes, pour en faire le tour en 6 jours de marche nordique : 139 km et 5 607 m d D+


Deux stages organisés et animés de main de maître (voir les liens à la fin de l’article) qui m’ont donné de vivre de grands moments, de nouvelles expériences et de poursuivre mon chemin dans la recherche du progrès.


COMPTE RENDU DETAILLE

Pour celles et ceux qui préfèrent les longues lectures sur papier,

en voici une version imprimable (sans les photos) :

Stages paradisiaques autour de lacs alpins
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3 jours combinant chacun marche nordique et natation en eau libre


Ce sont deux disciplines finalement complémentaires et très proches à bien des égards, surtout quand les deux se pratiquent en nature. On y travaille l’essentiel des groupes musculaires, avec (en crawl) un mouvement alterné combinant tonicité dans la poussée et relâchement lors du retour des bras… comme avec les bâtons. Un de mes objectifs a été atteint : identifier mes marges de progrès dans les deux pratiques grâce au regard des coaches et améliorer ma technique en suivant leurs conseils.


Avec Elisabeth Valette en marche nordique, Pascal Auger et Vincent Ville (coaches triathlon et nation en eau libre), quoi espérer de mieux pour ça !?


Certains détails qui changent tout sont essentiels et perfectibles pour peu qu’on en ait pris conscience et qu’on se concentre pour peaufiner le geste avec une réelle envie de l’améliorer.


Une initiation Pilates animée par Elisabeth et un constat sur ma posture générale (« hyperlordose » et manque de mobilité du dos et du bassin, « un bloc » dit-elle), m’ouvrent aussi des perspectives pour le travail à accomplir… sans bâtons pour gagner en souplesse et en efficacité.




Peu de plat dans le coin, si ce n’est le lac, le terrain de sport sur lequel nous avons effectué la première séance technique et la piste le long du lac sur laquelle nous avons pu « lâcher les chevaux » pour le dernier enchaînement natation/marche nordique.


J’ai été impressionné par Manon, la cadette du groupe de 17 ans, venue avec Sylvie sa maman pour découvrir la marche nordique. Une superbe technique acquise tout de suite et… ça a dépoté pour le final, de la graine de championne !!!


C'est tellement mieux quand on prend tout de suite de bonnes habitudes.




Mais la technique est finalement le moindre des attraits de ce séjour. Pour « l’homme du Nord » que je suis, les couleurs d’Aiguebelette et les paysages alpins m’ont ébloui. Inutile de partir à Bora Bora avec les îles du lac, c’est d’ailleurs mieux pour l’environnement de rester là.















Quel bonheur d’admirer tout ça au niveau de l’eau (j’ai découvert la technique du « regard crocodile » grâce à Pascal) et d’en prendre plein les yeux, vu d’en haut.


Ça se mérite : ça grimpe raide tout de suite, mais la succession de points de vue donne du cœur à l’ouvrage. Quelle merveille aussi, les chemins en sous-bois qui mènent au col du crucifix, à la grotte François 1er et à la cascade, un havre de fraicheur bienvenu.


Le soleil était aussi « à l’intérieur » grâce aux superbes moments de partage avec les passionné(e)s (les filles étaient en force).


La convivialité était forcément de mise, tant pendant les activités, les pique-niques du midi au bord de l’eau et les dîners mémorables pris dans un restaurant atypique, avec Gérard aux fourneau (en fait à la cheminée) qui nous a raconté l’histoire de Mandrin, le robin des bois local qui a donné son nom au restaurant.












Le plus dur, c’est la séparation, avec un pincement au cœur au moment de se dire au revoir.


Se perdre dans un lac !


A l’issue du stage j’ai planté ma petite tente face au lac, dans le camping où nous étions installés, pour y passer une dernière nuit avant de partir vers Serre-Ponçon. Au petit matin, un cygne m’attend pour une dernière séance de natation. Ok, j’arrive ! Le ciel est gris ce matin, la seule fois de tout le séjour, mais l’eau est toujours aussi bonne. Inutile de mettre la combinaison, je prends juste ma bouée de sécurité et c’est parti, j’ai envie de faire une belle traversée aller-retour.


Voilà qu’il se met à pleuvoir, pas grave je suis déjà mouillé. Le vent se lève, le clapot sur le lac aussi avant de se transformer en grosses vagues. Je n’y vois plus grand-chose, la bouée poussée par le vent me déporte. J’essaie d’aller droit devant, jusqu’au moment où je me dis que je ferais mieux de faire une boucle pour rentrer sans chercher à atteindre l’autre rive. Allez, je vire à droite, direction le retour. Alors que j’estime que je devrais bientôt arriver au point de départ, j’essaie de trouver des repères, je n’en vois pas. Je continue de nager dans l’espoir d’en repérer un bientôt, mais je ne vois toujours rien de familier ! J’ai perdu le nord, j’en fini par me demander si je ne suis pas de l’autre côté du lac. Si c’est ça je ne suis pas rentré !!! Un grand moment de solitude.

Je finis par voir la plage d’un camping, qui n’est pas le mien. Je décide d’y aller pour atterrir et demander mon chemin, tout penaud. Finalement tout va bien, c’est le camping d’à côté, j’étais passé devant la berge du bon sans la voir, je serai donc bientôt de retour.


6 jours fabuleux de marche nordique autour du lac de Serre-Ponçon


David Deguelle et Pascal Lefebvre ont préparé cette première édition d’un périple extraordinaire. Une organisation perlée : Choix de parcours magnifiques. Transfert des bagages à chaque étape (diners et nuits à l’hôtel) pour marcher léger et libre de ses mouvements. Points de rencontre sur les parcours avec le fourgon conduit par Pascal, pour les ravitos et pour les superbes pique-niques diététiques préparés par David (Pascal étant passé maître dans l’art de couper les melons et les tomates cœur de bœuf). Les ""boules énergétiques" préparées par David font merveille, et quels délice ces pêches ! Transfert certains jours pour éviter des passages sur route sans intérêt. On ne peut mieux faire !!!


De la marche nordique, beaucoup de marche nordique


Près de 140 km dont deux grosses étapes consécutives : 30 kilomètres avec 1300 m de D+ le 4ème jour et 29 km avec 1500 m le 5ème.

Je partais à l’aventure avec des interrogations, sans savoir comment j’allais « encaisser » ce parcours, n’ayant jamais pratiqué un tel enchaînement et surtout sans expérience des gros et longs dénivelés. J’étais le seul « non montagnard » du groupe, un viking exilé dans les Alpes !

L’accompagnement physique et mental de David, la beauté des parcours et des panoramas, la dynamique de groupe et les grandes parties de rigolade, tout cela contribue finalement à rendre le périple non seulement parfaitement accessible mais d’y prendre un immense plaisir.



De la marche nordique, mais pas que…

Le groupe est fondamental dans ces circonstances, la bienveillance et la solidarité sont de mise, les échanges soutiennent le moral, comme le rituel quotidien de la « météo » du départ, chacun s’exprimant sur la couleur qu’il a en tête et son état d’esprit pour entamer la journée. Les échanges c’est aussi en marchant bien sûr (un peu), aux ravitos (beaucoup) : pas un seul sans un éclat de rire, Pascal étant parfait dans son rôle de boute-en-train. Aux étapes, c’est autour d’une bière bien méritée, lors des diners et des prolongations où l’on refait le monde… de la marche nordique.


Les séances de cohérence cardiaque (5mn 3 fois par jour… à poursuivre en principe pendant 6 semaines) et celles de visualisation contribuent à l’apaisement, à mettre le corps et l’esprit en harmonie, quelles superbes sensations quand on a déjà beaucoup donné !


Bien sûr les échauffements et les étirements sont essentiels pour gérer les efforts dans de bonnes conditions. David dispose d’une panoplie d’exercices impressionnante, nous n’avons jamais fait les mêmes. J’ai particulièrement apprécié sa « séance expérimentale » d’étirements au sol, au départ de la 3ème journée. J’ai l’impression qu’elle a contribué a me libérer le bassin pour marcher de façon plus relâchée et plus ample. Sympas aussi les séances avec « outils » en fin de journée : élastique, balle de tennis pour favoriser la mobilité des épaules assouplir les pectoraux, rouleau de massage (aïe aïe aïe !)… Et quel bonheur la séance de jacuzzi dans le superbe hôtel, récompense d’une belle étape longue. Le restaurant était à la hauteur de la soirée haut de gamme !


Des émotions fortes


Grosses frayeurs.


Lors d’une dernière descente sur un sentier rocailleux pendant la première « mi-temps » à Aiguebelette, mon pied roule sur les cailloux et se tord violement. Je le soulage aussitôt, par réflexe, en poussant fort sur mon bâton et en sautillant sur l’autre pied. Plus de peur que de mal, mais une grosse frayeur rétrospective : cela aurait pu mettre fin au tour du lac de Serre-Ponçon avant même de l’avoir commencé. Je tâche d’oublier ma cheville sensible, pas trop compliqué à chaud mais plus difficile au repos. Heureusement j’avais prévu un tube de gel anti-inflammatoire.

Mon pied droit reste fragile. Troisième jour du tour du lac : nouvelle grosse descente caillouteuse, nouveaux faux pas du même côté sur des pierres sournoises qui se dérobent. Et m**** ! Même réflexe pour limiter les dégâts. Ça réveille la douleur mais ça tient. Du coup, je vais rester hyper prudent dans toutes les descentes à venir où les pierres n’amassent pas mousse, en les négociant très doucement jusqu’à la fin du périple.


Grande tristesse et réconfort.


Michèle, qui s’est fixé le tour du lac comme grand défi personnel, avec l’aval de David et un plan de préparation adapté qu’il lui a concocté, a connu la même mésaventure avec moins de chance. Après s’être vaillamment accrochée lors des deux premières journées, elle a trouvé son rythme de croisière et se sent bien. Peu après m’avoir demandé des nouvelles de ma cheville, voilà que c’est la sienne qui part en vrille, pour de bon. Heureusement, nous sommes sur un grand chemin où Pascal va pouvoir venir la chercher avec le fourgon pour terminer l’étape. Un malheur pour elle et pour tout le groupe, trop triste que son courage ne soit pas récompensé. Nous sommes tous au diapason de sa déception. Elle devra effectuer l’étape du lendemain avec Pascal dans le fourgon. Mais quelle joie de la retrouver le jour suivant sur des portions de la dernière grande étape, elle y marchera quand même 15 km au total ! Et surtout, elle a pu marcher toute la dernière étape avec le groupe, le sourire aux lèvres, ce qui nous a fait chaud au cœur. Michèle peut considérer son défi comme amplement réussi.


Grosse galère

Matinée du 4ème jour, première grosse étape de 30 km avec 1300 m de D+, dont la grande partie le matin. Ça grimpe fort, très fort, y compris sur des « murs » et des sentiers techniques qui me font mal aux cuisses. Évidemment, dans ces conditions la technique de la marche nordique et la belle gestuelle sont aux abonnés absents. Avant d’arriver en haut de la grosse montée je suis scotché dans le raidillon, j’ai l’impression que mes cuisses gorgées de lactique vont se mettre en grève. Je m’accroche, encouragé par Pascal qui est venu à notre rencontre, il est aussi accompagnateur en montagne et excellent marcheur nordique. Ça, c’est fait, ouf on est en haut !

Bizarrement, je retrouve un regain d’énergie extraordinaire pour poursuivre sur un sentier en balcon, moyennement plat. L'acide lactique est un excellent carburant quand on peut le recycler. L’appli de ma montre m’indiquera des passages à plus de 8 km/h.


Le lendemain matin, ma couleur météo est «bandes blanc/rouge », la couleur de la voile du drakkar viking. J’ai constaté que le viking n’est pas un montagnard et j’espère que le vent me sera favorable pour hisser la voile dans la nouvelle longue, longue montée qui nous attend peu après le départ. De vent, que nenni, alors je décide de monter très tranquillement. Là le chemin, que bien pentu, est régulier et bien stabilisé, ce qui facilite la gestion de l’effort. Je ferme la marche et retrouve le groupe à toutes les occasions de prendre une belle photo. Je me sens bien mais je prends conscience de ce que vivent régulièrement mes compagnons de marche normands à l’arrière du peloton, au moment de la question classique quand ils rejoignent le groupe qui a fait une pause pour les attendre : « Ca va ? Bon alors on y va ». Arghhh !!!


Grande exhalation


Dernière grosse étape au 5ème jour, à l’arrivée à l’abbatiale de Boscodon. Nous explosons de joie à l’arrivée, on se congratule, on se tape dans les mains, on a tous la banane en prenant conscience du parcours accompli et en se disant que le plus dur est fait. Pause tourisme/culture avec la visite de la petite abbatiale et les commentaires éclairés de Pascal. Alléluia.


Immense moment d’émotion


Les dix derniers kilomètres de la dernière étape sont une formalité. David et Pascal ont prévu une demi-étape la matinée, de façon à laisser le temps de fêter le dixième anniversaire de l’association Nordicwalking aventure qui porte ce projet : un dernier transfert au bord du lac de Serre-Ponçon pour y retrouver Sophie Maingre, la compagne de David, leurs enfants et les membres fondateurs de l’association, pour un ultime pique-nique en commun.

Notre périple se termine avant cela au lac de Saint Apollinaire où David nous propose un dernier rituel de débriefing pour que chacun puisse s’exprimer sur son expérience personnelle : ce qu’il attendait en venant / ce qu’il a vu et ressenti / avec quoi il repart.

Chacun se livre en toute transparence, à cœur ouvert, jusqu’à dévoiler des sentiments profonds et personnels qui tirent quelques larmes. Sentiments probablement exacerbés par l'accumulation des efforts, des images enregistrées au fil des jours et de paix de l'environnement dans lequel nous sommes complètement immergés.

Je ne me suis jamais senti aussi proche de personnes que j’ai côtoyées depuis 6 jours seulement, mais quelles journées !!!


Ce n’est qu’un au revoir



Nous terminons donc par un pique-nique pris en commun au bord du lac, dernier moment de communion, avec deux délicieux gâteaux d’anniversaire, la cerise sur le gâteau de l’organisation, et un nouveau moment de convivialité qui passe trop vite.


Chacun doit reprendre la route. Nouveau pincement au cœur au moment de se quitter, mais oui ce n’est qu’un au revoir, nous espérons bien nous retrouver, plein de projets ont déjà évoqués !!!


(Ca, c'était au début de l'aventure !)



Moi j’ai le temps je me suis prévu deux journées de prolongation farniente pour rentabiliser le déplacement, savourer tranquillement tout ça et profiter encore un peu des paysages et de baignades bienfaisantes dans le lac.





LES ACTEURS : Merci à toutes et tous, pour tout et pour le partage des photos


A AIGUEBELETTE : Une organisation Elisabeth Valette et Pascal Auger spi43.fr Avec la contribution de Vincent Ville Mes compagnons : Annette, Hélène, Manon et Sylvie, Nathalie, Siva, Sylvie AUTOUR DU LAC DE SERRE-PONCON Une organisation David Deguelle (Z'trek David) et Pascal Lefebvre Nordic Walking Adventure Mes compagnons : Bruno, Frédérique, Jean-Hervé, Michèle

Un grand merci aussi à Isabelle Verdier et son site pratique-marche-nordique Pour m’avoir m’a fait découvrir l’existence de ces stages et vivre ces beaux moments


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